Que ce soit sur un terrain de foot, de rugby, sur un court de tennis ou dans une patinoire, il est là, présent, sifflet prêt à être mis en bouche, veillant au bon déroulement des parties, validant les points, traquant tout écart comportemental et la moindre dérive par rapport au règles de jeu. Son importance est stratégique dans le cadre d’une compétition et sa performance, bonne ou mauvaise est de nature à pouvoir faire basculer le résultat d’une rencontre.
Lorsque les adversaires en présence pratiquent leur art avec fair-play et dans un esprit sportif sain, sa présence est à peine remarquée et on pourrait même se demander à quoi il sert.
Mais la nature humaine est ainsi faite que certaines parties débordent allègrement du cadre strict du sport pour aller à la faute récidivée voire au combat de rue et c’est là que toute sa maîtrise doit intervenir par des prises de décisions les plus adaptées au contexte et qui lui vaudront parfois des invitations à aller aux « chiottes », soit d’être taxé de « vendu ». Ces bienveillantes allégories émanent très rarement des joueurs mais plus facilement et fréquemment d’un public partisan qui n’a que faire des règles tant que son favori gagne même si il n’y a pas la manière.
Le pauvre ! Tout le monde s’acharne contre lui et c’est un moment terrible à vivre. Il se retrouve seul au monde et s’il veut rester maître de lui-même et de la situation, il doit puiser très profondément en lui des ressources pour faire dissiper cette pression et rester ou redevenir le maître du jeu.
L’arbitre est il libre de juger et de décider de son libre arbitre ? Toute la problématique est là.
Par définition le libre arbitre est un homme (ou une femme) qui a choisi pas toujours librement de s’emprisonner dans un système ou il aura à prendre des positions usant de la propriété qu’aurait sa propre volonté de se déterminer librement et par celle-ci uniquement, de décider et d’agir.
Si vous ne suivez pas tout, pas d’inquiétude, je vous raconte la dernière histoire de Toto juste après mais sachez aussi que j’ai eu du mal à écrire ce paragraphe.
Au-delà de l’image sportive, nous devons admettre que chacun d’entre nous est en même temps joueur, spectateur et arbitre. Cela ne facilite pas les choses bien entendu et certaines décisions prises peuvent paraître injustes aux yeux des autres. Sans tomber dans le pernicieux fatalisme, il faut savoir ou pouvoir accepter qu’elles soient le reflet d’une vérité mais peut être pas celle à laquelle on voudrait croire. Oui les pressions, les contraintes, les influences, tout cela existe et la manifestation de la désapprobation aussi raisonnée et raisonnable soit elle, est de nature à vouloir faire tourner à son avantage une situation perçue comme négative mais qui peut être ne l’est pas tant que cela si on analyse bien. De là toute l’importance de l’arbitrage qu’il soit fait individuellement ou via une tierce entité, dont l’aptitude est reconnue, évidemment.
Le souci est que las de se voir accusés de tous les maux, certains arbitres ne veulent plus arbitrer et progressivement la vocation se perd. Peu de personnes veulent devenir arbitre ou alors à leur propre profit uniquement. C’est donc la porte ouverte à toutes les fenêtres et à toutes les discordes, de la plus bénigne à la plus sérieuse.
Allez pour se détendre un peu voici la gentille petite histoire de Toto mais pas si innocente que cela en fait si on s’affranchit du premier degré :
Toto a une petite amie et ils se voient chez le père celle-ci, en cachette, lorsque celui-ci est absent.
Toto est toutefois surpris que son amie allume la TV sur la chaine de foot à chaque fois qu’il la visite lui rend visite.
Celle-ci lui explique que son père étant l’arbitre du match, elle sait ainsi quand il va rentrer à la maison.
Soudain la porte de la chambre s’ouvre et le père apparait, trouvant les 2 tourtereaux dans une fâcheuse posture.
- Carton rouge ! Ce soir le match était en différé. Toto, tu es viré de l’équipe et du stade. Dégage illico et n’oublie pas de passer par le vestiaire.
Moralité : Pour savoir, il ne suffit pas de voir.
