L’arc alpin, étendu sur 1200kms a vu moult cordées s’essayer à lui. Il y eut des succès, aussi des échecs mais toutes ces courses n’ont pu, à un moment ou à un autre, progresser ou trouver un salut parfois temporaire, que par la présence des refuges (ou cabanes) sur leur parcours.
Pareillement aux bijoux dans une joaillerie, il existe toutes sortes de refuges, allant du plus (voire trop) modeste sans eau ni confort, jusqu’au nec plus ultra, ressemblant plus à un hôtel, promiscuité non prise en considération bien sûr.
Les Alpes possèdent les Écrins à côté de Briançon, mais un écrin sans bijou c’est un peu comme une fondue sans fromage. Cela ne veut pas dire que les refuges avoisinant ne sont pas dignes du prestige de l’endroit mais le refuge du Mont Rose qui vient d’ouvrir dans le Valais suisse à côté de Zermatt, a placé la barre très, très haute et dépasse et de loin tout ce qui a pu être fait à ce jour en architecture alpine de haute altitude pour ce type de bâtiment. Il est vrai qu’à partir du maintenant il y aura la cabane du Mont Rose et les autres, ce qui n’enlève pas à ces dernières le bien fondé de leur existence par rapport à la fonction oh combien précieuse qu’elles assument en permanence.
Tel un magnifique cristal de roche, cette cabane high tech brille de mille feux, en bordure des majestueux glaciers du Gorner, de Grenz et du Mont Rose avec vue directe sur le Cervin dont le sommet culmine à 4478m..
Fort à parier que le 130 places seront très prisées et que pour certains ce refuge ne sera que la destination finale, ce qui vu l’endroit est déjà une belle course et permettra de siffloter une jolie ballade en se baladant si les effets de l’altitude ne se font pas trop sentir.
Qui, quoi, où, quand, comment, pourquoi ?
A l’occasion de son 150ième anniversaire, l’institut fédéral suisse de technologie (EPFZ) a décidé de relever un défi d’envergure lui permettant de conserver durablement sa position de référence internationale en matière de recherche scientifique et technique. Pour ce faire il s’est associé en 2005 au club alpin suisse (CAS) afin de construire la nouvelle cabane du Mont Rose à 2883m sur un site exceptionnel, loin de toute civilisation et de tout réseau de fourniture en énergie. Ce projet interdisciplinaire avait pour objectif d’être mené afin de proposer une architecture orientée sur l’avenir, durable tant au niveau énergétique qu’écologique, novateur par sa conception. Grâce à une technique de pointe, intelligente et maîtrisée, un degré d’autarcie de 90 % devrait être atteint dans le respect de l’environnement et visant à montrer comment des énergies renouvelables peuvent être utilisées dans des endroits extrêmes et aussi que la réalisation de bâtiments «auto-suffisants» énergétiquement n’est plus un rêve.
Le passé
L’ancienne cabane a porté le nom de François Bétemps jusqu’en 1939. En 1918, 1930, 1939 et 1984, elle a été agrandie – Photos: Guide des cabanes du CAS.
Quand on voit en comparaison le résultat obtenu avec la nouvelle cabane, c’est un euphémisme que de dire il n’y a pas photo.
Messie on en veut des photos (ce n’est pas Dieu possible, faut tout faire ici)
Juin 2008: Préparation du chantier. (Photos: Hans Zurniwen)
L’hélicoptère apporte du béton. En plaine, un mètre cube coûte entre 250 et 280 francs suisses (170 à 190€) . Livré sur le chantier de la nouvelle cabane du Mont Rose, il coûte 3200 francs suisses soit 2200€. Il nous a bien eu l’écureuil avec son livret A, c’est décidé j’investis dans le béton d’altitude. (Photo: Hans Zurniwen).
La table d’assemblage avec son noyau en béton, un trésor ! (Photo: Hans Zurniwen).
Novembre 2008: La table d’assemblage sous une profonde couche de neige. Mais où se trouve donc la “première pierre” ? (Photo: Hans Zurniwen).
Février 2009: Le chantier est couvert par la neige. A droite, on aperçoit la station météo en service depuis novembre 2008. (Photo: Hans Zurniwen)
Fin avril 2009: Encore de la neige fraîche…qu’on doit déblayer, afin de pouvoir rouvrir le chantier début mai 2009. (Photo: Hans Zurniwen)

L’hélicoptère qui amène les éléments en bois fait aussi fonction de grue. (Photo: Hans Zurniwen)
Montage des cloisons du sous-sol. (Photo: Jan Stebler)
Grâce à une météo clémente et aux prouesses des travailleurs, deux étages de la cabane sont érigées en deux semaines. (Photo: Hans Zurniwen)
2 juillet 2009: La charpente de la Nouvelle Cabane Mont Rose est dressée et le gros œuvre est achevé, c’est le moment tant attendu de la fête de fin de travaux. (Photo: Martina Eberle)
Le traditionnel arbuste, de rigueur à cette occasion, est posée sur le faîtage de la cabane. Maintenant, on va entamer la dernière étape de la construction, avec les aménagements de l’intérieur et de la façade. (Photo: Hans Zurniwen)
Une façade alu protège le gros œuvre en bois (Photo: Hans Zurniwen)
Installation des modules photovoltaïques. (Photo: Meinrad K. Eberle)

Pour plus de convivialité, la salle à manger est divisée en plusieurs petites pièces desquelles on peut admirer les spectaculaires paysages alpins. L’escalier en cascade permet également aux randonneurs de profiter de vues magnifiques.
Lits superposés de la cabane. Chéri tu montes ? (Photo: Michael Schümperli)
Vue intérieure d’une chambre à coucher, avec les porte-bagages au premier plan et les lits superposés au fond. (Photo: Michael Schümperli)
(Photo: Stéphanie Marie Couson)
(Photo: Stéphanie Marie Couson)
2009: Le „cristal de roche“ brille. (Photo: Stéphanie Marie Couson)
Début du saison 2010: 10 Mars 2010
Les randonneurs partiront, entre autres, de Zermatt (Haut-Valais), à 1600 m d’altitude, pour rejoindre le nouveau refuge, camp de base avancé pour de belles courses environnantes.
Je prends les inscriptions.
Informations d’usage
- Je rappelle qu’aucune discothèque n’a été installée aussi pas la peine de se charger inutilement avec mini jupes, talons aiguille et autres fanfreluches vestimentaires diverses et exotiques. J’en vois qui rigolent, c’est pareils pour les mecs alors on se calme. De plus il faudrait un Sam avec brevet de pilote d’hélico ce qui ne se trouve pas si facilement que cela dans les bars de Zermatt.
- Ici c’est plus l’ambiance crampon, piolet et cordes. Non madame ce n’est pas du SM bondage d’altitude. Et s’y on s’attache et se cramponne c’est plus pour la sécurité que pour fricoter avec un bel helvète ou son pendant féminin. Quoique, ce n’est pas incompatible non plus mais bon pour l’intimité, le dortoir ce n’est pas le top surtout si Monsieur ou Madame vous accompagne (erreur d’article, désolé et ma gomme a disparu).
- Ah oui tant qu’on est là, très important pour les sensibles de la feuille, il faut se munir d’un système anti ronfleur genre boules Quies ou fusil. Si vous optez pour le second choix, n’oubliez pas les cartouches, le refuge n’en fournit pas les cartouches et le nettoyage est à la charge du tireur. Ne soyez pas abattu pour autant, avec l’altitude et la fatigue se réveiller est plus un problème que dormir.
- Je le rappelle une dernière fois la $uisse est un pays laitier et qui dit lait dit vache généralement. Aussi pour maintenir la parfaite relation existant nos 2 beaux pays, il serait plus qu’inconvenant d’oublier le matériel nécessaire pour satisfaire à un rite désormais ancré dans la mémoire collective. J’ai cité le pinceau et la peinture pour remaquiller les vaches violettes. Attention à ne pas confondre, les vaches se tiennent sur les 4 pattes. Si vous ne comptez que 2 pattes, malgré la couleur violette vous êtes en grand danger.
Pour plus de détails : http://www.neuemonterosahuette.ch/110_idee.php



Merci Lao
Ton article est très bien écrit (çà c’est pas très original, tu fais toujours des efforts pour maintenir en haleine tes lecteurs), ficelé, documenté, etc…
Tellement bien documenté que je n’ai que 2 questions :
Le prix (pas des bulles quiès) pour passer la nuit dans ce paradis ?
Et la date pour l’expédition que tu vas diriger …
Bonne journée
Il faut envoyer un mail au club alpin suisse (CAS) qui te répond sur la disponibilité ainsi que le prix. Chaque cabane a un tarif selon le confort et les prestations offertes.
J’estime celui-ci à 28€ la nuit (20€ pour les membres du CAS, qui ne sont pas que des hommes… oups).
Une nuitée complète en demi-pension + petit déj : 56€
Certes ce n’est pas donné mais pour une passion un coup de coeur….
Je ne connais pas le secteur et en plus il faut selon l’itinéraire choisi, traverser des glaciers et uniquement au bon endroit sous peine de catastrophe. C’est de la grande rando d’altitude avec des passages en cordée et pour moi aujourd’hui cela passe avec un guide, pas autrement. Mais oui je veux le faire.
un superbe article, qui me permet de voyager depuis mon ordi,
merci lao, à plus
rejane
Ravi d’avoir pu contribuer à te faire pratique cette forme de tourisme mais il n’y a pas à dire merci pour si peu.
Je te souhaite réellement de pouvoir voyager là ou ailleurs
euh…. réellement.
Du SM bondage d’altitude ? Y’a pas à dire, y’a pas photo !
Effectivement , j’ai eu beau chercher je n’en ai trouvée aucune (prise à cette altitude).
Peut être que cet article va intéresser JF Hagenmuller (http://www.lumieresdaltitude.com/home.php) mais j’en doute.
Que dire d’autre, à part : bravo pour cette réalisation !
Une question : que devient l’ancien refuge ? Sera-t-il encore utilisé ?
Comment vouloir rouler en Clio si on vous propose les clés d’une Ferrari ?
L’ancien refuge est conservé, c’est certain. Quant à savoir si il sera utilisé je n’ai rien vu en ce sens mais en cas de problème il pourrait toutefois pouvoir servir de “plan bis” pour le grand bonheur des nostalgiques.